Patrimoine & culture

L’histoire

En quelques chiffres

1001 – Mention des premiers Seigneurs d’Aubonne au plaid d’Eysins
1189 – Mention d’une localité autour d’un château
1236-1242 – Construction de la tour du château (donjon)

1234 – Octroi des Franchises d’Aubonne (délimitation des droits entre les Seigneurs et les bourgeois). Aubonne obtient le statut de ville

1536-1798 – Occupation du Pays de Vaud par Berne

1670 – Transformation du château entreprise par le baron Tavernier. Réunion des châteaux antérieur et postérieur – réfection du donjon 

1701-1798 – Baillage bernois d’Aubonne

1798 (24 janvier) – Révolution vaudoise

1801-1802 – Construction des nouvelles Halles de la Place du Marché

1803-2007 – Aubonne est chef-lieu du district du même nom

1835 (20 juin) – Le château devient propriété communale et est affecté aux Ecoles, aux prisons et au Tribunal

1847 – Construction de la route Neuve reliant Aubonne à Lavigny
1853 – Etablissement d’une Poudrerie fédérale à Aubonne
1873 – Fondation de l’Infirmerie d’Aubonne
1901 – Classement du château aux monuments historiques
1948 – Invention du velcro par Georges de Mestral
1970 – Développement de la zone industrielle et artisanale d’Aubonne
1980-1985 – Restauration complète du château – Découverte du pavage de 1677 (tapis persan)

2008 – Création du district de Morges – Aubonne devient ville-centre pour la région

2011 – Aubonne et Pizy fusionnent

2021 – Aubonne et Montherod fusionnent

L’histoire d’Aubonne en détail

Les origines exactes du bourg d’Aubonne sont mal connues. On présume qu’un établissement existait du temps des Romains au lieu-dit « Trévelin » sur la via Strata qui reliait Nyon à Avenches et qui s’appelle maintenant la route de l’Etraz. Cette via Strata était une artère militaire très importante de l’Helvétie romaine. Le nom d’Aubonne (Albona à l’époque), provient du celtique et signifie « source blanche ». Selon un article de M. Albin Jaques paru dans « Passé Simple » en février 2017, Albona pourrait signifier « source céleste » plutôt que source blanche. L’adjectif alb a le sens de « monde d’en haut, ciel ».

Les premiers Seigneurs d’Aubonne apparaissent en 1001 dans l’entourage du roi Rodolphe III de Bourgogne. Les droits féodaux sont répartis entre deux branches de la famille, les seigneurs et les coseigneurs. En 1234, les « Franchises d’Aubonne » règlent les rapports des dynastes entre eux et leurs administrés. En 1310, il est fait mention de certains privilèges accordés aux habitants d’Aubonne par la ville de Genève (traité de combourgeoisie).

En 1255, la seigneurie d’Aubonne (part des Seigneurs) devient la propriété de la Maison de Savoie. Dépendant du diocèse de Genève, dont l’Aubonne formait la limite est, le bourg a été le siège du Décanat du même nom jusqu’au milieu du XVe siècle.

Par héritages et cessions, la seigneurie est aux mains des Comtes de Gruyères de 1397 à 1554. Leur dernier représentant, le comte Michel, en mal d’argent, doit céder tous ses droits sur Aubonne à LL.EE. de Berne, ses créanciers, qui avaient occupé le Pays de Vaud en février 1536 et imposé l’exercice de la religion réformée dès 1527 (Edit de réformation).

Devenus les nouveaux maîtres du Pays de Vaud, LL.EE. revendent la Seigneurie à différents propriétaires successifs parmi lesquels on citera les noms de Jean et François de Lettes (1556-1583), Théodore de Turquet-Mayerne, marquis de Villès, ci-devant médecin de la cour d’Angleterre (de 1620 à 1622), Jean-Baptiste Tavernier (de 1670 à 1685), et Henri, marquis Duquesne, fils d’Abraham (de 1685 à 1701) lequel finit ses jours en 1722 à Genève après la vente de son bien.

LL.EE. de Berne rachètent la seigneurie le 1er février 1701 à Henri Duquesne et l’érigent en bailliage d’Aubonne, à la tête duquel se succéderont 17 baillis jusqu’à la révolution vaudoise du 24 janvier 1798.

L’existence d’une localité groupée autour du château est mentionnée dès 1189. La ville est agrandie vers 1343 (grand-Rue et fossés). Un casino a été édifié au sud de l’allée du Chêne en 1859, sur l’emplacement d’une maison où l’on s’exerçait au tir durant le Moyen-âge, alors que la fin du siècle voit l’amenée de l’eau potable et l’introduction de l’électricité dans les maisons. Une ligne de tramway reliant Allaman à Aubonne et à Gimel a été installée à la fin du XIXe siècle et exploitée par SEFA (Société Electrique des forces de l’Aubonne). Dès l’année 1952, un service de bus a remplacé les trams.

Si vous êtes intéressés par d’autres détails et anecdotes concernant le bourg d’Aubonne, réservez une visite guidée.

Nos visites se font sur demande et tout au long de l’année

Personnalités

Figures historiques du Bourg

Jean-Baptiste Tavernier

Jean-Baptiste Tavernier - Figure historique à Aubonne     

Jean-Baptiste Tavernier, né à Paris en 1605 et mort à Moscou en juillet 1689, est un voyageur et pionnier français du commerce avec l’Inde. Il était surtout connu pour son commerce de diamant et ses nombreux voyages. Il a fait 6 voyages en Perse et en Inde durant sa vie. Sa célébrité lui vient notamment de la découverte et de l’achat du Diamant Bleu, qu’il vendit au Roi de France Louis XIV.

Il est intimement lié à l’histoire d’Aubonne. En effet, en 1670, il fait l’acquisition de la baronnie d’Aubonne et de son château, après que le roi lui décerne, en 1669, des lettres de noblesse. Largement inspiré par ses voyages, il fait adjoindre, en remplacement du donjon original, une tour blanche de type oriental, surmontée d’un toit en bulbe, rappelant ainsi la forme des minarets. Une rue lui a été dédiée: la Rue Tavernier.

Henry Duquesne

Henry Duquesne - Figure historique d'Aubonne

Henri du Quesne ou Duquesne, baron d’Aubonne et marquis du Quesne est un officier de marine français né en 1642 et mort le 11 novembre 1722 à Genève.

Originaire de la ville de Dieppe, fils d’Abraham Duquesne, il entre dans la marine à l’âge de 14 ans, devient capitaine de vaisseau à 23 ans. Étant protestant, il se réfugie en Pays de Vaud et achète la baronnie d’Aubonne à Tavernier en 1685 pour la revendre aux Bernois en 1701 car il leur devait de l’argent. Henri Duquesne dessine les plans du port de Morges et des bateaux pour la flotte bernoise, souvent en procès avec les Bernois, il décide de se retirer à Genève en 1701 où il mourra en 1722, après avoir déposé le cœur de son père dans le temple d’Aubonne, en terre de liberté.

Jean-Daniel Boinod

Jean-Daniel Boinod, figure historique d'Aubonne

Jean-Daniel Boinod naît à Vevey en 1756. Ce libraire-imprimeur d’Aubonne s’engage comme militaire volontaire sous Washington, d’où son surnom « L’Américain ». Après avoir participé à des manifestations politiques, prémisses de la Révolution Vaudoise, il fuit en France fin juillet 1791.

Là-bas, il s’engage dans l’armée de Bonaparte avec qui il se lie d’amitié. Il reçoit le grade de Général de Brigade et on dit qu’il aurait participé au projet du passage de l’armée française par le col du Grand-St-Bernard. Il aurait, durant ses campagnes pu s’enrichir, mais étant d’une honnêteté à toute épreuve, il ne possède que peu d’argent à la fin de sa vie. Raison pour laquelle, Napoléon lui lègue, par testament, une somme de Fr. 100’000. — en disant de lui : « C’est l’homme le plus honnête que j’aie connu ». Il meurt à Paris en 1842 où une rue porte son nom dans le 18e arrondissement. Aubonne a voulu également lui rendre hommage en nommant ainsi une de ses rues : Rue Général Boinod.

Louis-Marc Bégoz

Louis-Marc Bégoz figure historique d'Aubonne

Louis-Marc François Bégoz est un officier de carrière (colonel), ayant grandi à Aubonne. Il était également un juge, à Aubonne.

Alexandre Yersin

Alexandre Yersin Figure historique d'Aubonne

Alexandre Yersin, né le 22 septembre 1863 à d’Aubonne et mort le 28 février 1943 à Nha Trang (protectorat d’Annam, actuel Viêt Nam), est un médecin, bactériologiste et explorateur franco-suisse. On doit surtout à Yersin la découverte en 1894 du bacille de la peste (Yersinia pestis) et la préparation du premier sérum anti-pesteux, ainsi que l’étude de la toxine diphtérique.

Georges de Mestral

Georges de Mestral figure historique à Aubonne

De manière facétieuse, les Aubonnois pourraient se targuer que c’est grâce à l’un d’entre eux que l’Homme a pu marché sur la lune. En effet, sans velcro, la tâche aurait été plus compliquée. Georges de Mestral (1907-1990) était un ingénieur EPF bien connu pour son invention, la fermeture auto-agrippante. En effet, c’est au retour d’une partie de chasse dans le Jura que Georges de Mestral se retrouve à devoir enlever une grande quantité de graines de bardane, une plante sauvage. En les observant de plus près, il constate que le fruit est constitué d’épines terminées par des crochets déformables. Ce sont ces épines qui s’accrochent aux poils des vêtements. Une fois arrachées du support, elles reviennent à leur état initial. C’est ainsi qu’il eut l’idée de recréer ce concept pour des fermetures rapides.

Georges Borgeaud

Georges Borgeaud, né à Lausanne en 1914, a passé la majeure partie de sa jeunesse en Suisse, dont une année à Aubonne (collège 1928-29). Toujours très attaché à cette bourgade, il écrivit un roman, en partie autobiographique « Le Préau » où il relate son enfance et offre une image romanesque d’Aubonne. Toujours intimement lié à la ville qui l’accueillit durant sa jeunesse, il reviendra régulièrement séjourner dans sa ville de cœur.

Encore méconnue des Aubonnois, l’ancienne Place de l’Ecole Ménagère a changé de nom en mars 2009. En effet, suite à la proposition de la Fondation Calvignac de Lausanne, la Municipalité a décidé de dédier cette place à Georges Borgeaud. Elle se situe au pied du château et de sa barbacane.

Monuments

Prenez le temps de les découvrir

Le château d'Aubonne et sa barbacane


Partie avancée du dispositif de défense érigé au XVIe, la barbacane constitue toujours l’accès principal au château. On y relève l’existence d’une épigraphe de LL.EE. de Berne, martelée par le peuple lors de la Révolution Vaudoise du 24 janvier 1798. On peut également observer ses meurtrières en trou de serrure pour le tir à l’arquebuse. Sur l’épigraphe, l’ours bernois est légèrement visible.
A l’origine, le château était composé de deux bâtiments (château du seigneur côté lac et du coseigneur côté jura) avec une tour romane carrée. La légende veut qu’à son arrivée, Jean-Baptiste Tavernier fit démolir cette tour pour faire ériger la tour cylindrique actuelle sur l’ancien soubassement. Malheureusement, aucun écrit connu à ce jour ne peut le certifier.

En fonction des travaux déjà amorcés par ses prédécesseurs, Jean-Baptiste Tavernier remania considérablement les bâtiments existants en faisant construire notamment l’aile qui s’étend du château en haut de la rampe d’accès et relia, par une importante construction nouvelle, les deux bâtiments principaux. Il fit décorer le plafond de l’actuelle salle de musique, cette pièce étant son salon principal. On peut y voir au centre les armes de Jean-Baptiste Tavernier.

Contrairement à la légende, l’aménagement de la cour intérieure ne fut pas réalisé par le Marquis Henri Duquesne. Ce dernier lui aurait fait donner, dit-on, la forme d’une proue de bateau, en hommage des services rendus à la France par son père.

Lors de travaux de rénovation de 1980 à 1985, on découvrit par hasard le pavage de la cour intérieure représentant un tapis persan. Cette cour faite de galets du Jura est datée de 1677. Or, le Marquis Henri Duquesne n’acheta le château qu’en 1685. Nous avons donc confirmation que cette magnifique cour a été construite à la demande de Jean-Baptiste Tavernier.

Après avoir été le siège du bailliage de 1701 à 1798, le château devint propriété du tout nouvel Etat de Vaud en 1798 qui le revendit en 1835 à la commune d’Aubonne. Celle-ci l’utilisa pour y loger les écoles et les prisons (il paraît qu’à l’époque les élèves pouvaient voir les prisonniers) ainsi que pour y déposer les archives de la commune. En 1901, sur proposition de l’archéologue Blondel de Genève, le château a été classé monument historique.

L’ancien salon de Jean-Baptiste Tavernier fut également la salle du Tribunal d’Aubonne jusque dans les années 1950, puis servit de salle de classe et maintenant de salle de musique.

L'église St-Etienne (Temple)

L’église bourgeoisiale d’Aubonne est citée pour la première fois en 1306 ; ce n’est toutefois qu’en 1338 qu’elle apparaît sous son vocable de Saint-Etienne, période au cours de laquelle la plus grande partie de l’édifice est alors construite. Au début du XVe siècle, l’édifice comprend alors des autels et des chapelles au nombre de 10, éléments disparus pour la plupart après la Réforme.

Afin d’accueillir les réfugiés protestants, des galeries sont construites dans la nef de l’église en 1568, puis en 1688 (déposées en 1939-40). Un cadran solaire est installé en 1680. Deux cloches sont posées en 1739, l’une du midi, l’autre dite des prières. L’année 1895 voit la réfection du bâti de la charpente supportant les cloches, et l’installation de 3 nouvelles cloches (Foi, Espérance et Charité).

En 1939-40, l’intérieur de l’église est restauré avec la remise à jour d’anciens éléments. Les toitures et les façades de l’édifice font l’objet d’une rénovation complète de 1988 à 1991. En 2003, la cloche « La Charité », fêlée, est remplacée par une nouvelle. La place de l’église est mise à niveau en 1780, elle est pavée en 1884 et l’on y plante des tilleuls.

Dans la nef de l’église, sur la face Est, une fresque du XIVe siècle représente un Christ d’eucharistie et une annonciation. Le chœur de l’église, de style gothique, comprend sur le mur du fond deux crédences, surmontées de vitraux représentant les armes des coseigneurs d’Aubonne, de la ville d’Aubonne et des comtes de Gruyère, seigneurs d’Aubonne de 1397 à 1553. A gauche du chœur, plaque de marbre élevée en 1700 par le Marquis Henri Duquesne, dernier baron d’Aubonne, en l’honneur de son père, Abraham Duquesne, lieutenant général de la marine royale de Louis XIV et vainqueur de Ruyter.

La Garilliette ou chapelle St-Etienne, fondée en 1496 par Nicod Garillat, enfant de Morges, devenu évêque d’Ivrée, acquise en 1566 par la ville et le Baron d’Aubonne. Elle comprend une croix de consécration du XIIIe siècle, le plus ancien motif pictural mis à jour en 1939, lors des travaux de rénovation, ainsi que des peintures aux motifs floraux exécutées en 1697 par le peintre Meyer.

Bref historique : jusqu’à l’introduction de la Réforme en Pays de Vaud, la paroisse d’Aubonne dépend du diocèse de Genève, dont la rivière homonyme constituait la limite orientale.

D’abord filiale de l’église paroissiale sise à Trévelin, au sud-ouest d’Aubonne, l’église St-Etienne ne devient paroissiale qu’au XVIe siècle. Au cours du XIVe et XVe siècles, l’édifice est doté de nombreuses chapelles et autels par les nobles, les familles bourgeoises et les corporations du lieu. A l’est, le chevet du chœur s’appuie sur l’ancienne muraille de la ville, dont il subsiste une porte.

Lors de l’introduction de la Réforme, l’édifice, converti au nouveau culte, est dépouillé des symboles du catholicisme en novembre et décembre 1536. Le premier pasteur établi à Aubonne est Maître Jacques Valier, du Dauphiné.

Propriété de la commune d’Aubonne et classée comme monument historique, l’église est utilisée comme lieu de culte par la paroisse réformée « de l’Aubonne », dépendant de l’Eglise Evangélique Réformée du canton de Vaud. Des concerts y sont également régulièrement donnés au cours de l’année.

Biens culturels d’importance nationale à Aubonne

Château d'Aubonne
Château d’Aubonne
Hôtel de VilleHôtel de Ville et Grenette
Maison d'Aspre
Maison d’Aspre et son orangerie
Manoir de Bougy
Manoir et manège de Bougy-St-Martin
Ancienne Poudrerie Fédérale à Aubonne
Ancienne Poudrerie Fédérale